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Edito du 27 mars 2014

Écrit par CINI. Associe a la categorie Editos

Thierry-RolandoLes Pieds-Noirs ou les insultes à bon compte

En ces temps où l’indignation est permanente et où la lutte contre les discriminations et stigmatisations est devenue un ressort incontournable de toute action publique, il n’est pas un seul jour où, hommes politiques, journalistes, artistes, hommes de lettres, ne s’insurgent contre la moindre incitation, vérifiée ou supposée, à la haine raciale.

Ainsi, toutes les communautés bénéficient-elles de cette capacité des personnes en vue à s’indigner, à pourfendre le moindre propos d’essence raciste et à se révolter face à l’injustice.

Toutes les communautés bénéficient aussi de la protection de la loi et disposent d‘avocats vigilants prêts à poursuivre en justice le moindre propos d’essence raciste.

Oui! Visiblement toutes les communautés, dont il est inutile d’égrener la longue liste, toutes sauf visiblement une seule : la nôtre, celle des Pieds-Noirs, « qui ne bénéficie pas au sens de la loi et de la jurisprudence, comme le rappelait le procureur de la République du Tribunal de Grande instance de Paris, de la même protection ».

Les Pieds-Noirs, une communauté à part, une communauté de vaincus que l’on peut, avec assurance, insulter à loisir avec la bénédiction des médias et du pouvoir politique.

Ainsi ne s’y sont-ils pas trompés ceux qui, comme Eva Joly, comparent les Roms aux Pieds-Noirs; comme Thomas Guénolé, politologue, considérent que si le racisme est culturellement plus développé dans le Sud de la France, c’est en raison de la présence d’une très forte communauté pied-noire; comme Louis-Georges Tin, président du CRAN, affirment que si les villes de Provence luttent moins contre le racisme, cela est dû à la forte présence des Français d’Algérie.

Oui! Ils ne s’y sont pas trompés, ceux qui faisant profession d’anti-racisme obsessionnel, ne se privent pas, dans le même temps, de déverser leur fiel et de stigmatiser, pour reprendre un mot à la mode, ceux avec lesquels il ne saurait y avoir de retenue : les Pieds-Noirs « colons et racistes tout à la fois ». Ils savent que la loi est pour eux, et qu’en outre le Garde des Sceaux, Mme Christiane Taubira, saisie par nos soins le 10 janvier 2014, n’a comme toute réponse à apporter aux Français d’Algérie que son silence méprisant.

Alors me direz-vous, que faire face à ce mur d’indifférence, de complaisance et de complicité ? À quoi bon lutter si la justice nous tourne le dos ! Mais nous sommes de ceux qui ne renonçons jamais ! Nous croyons que face à la marée de nos détracteurs, la mobilisation de notre communauté est la seule arme qui nous reste et que nous devons en user.
Nous devons montrer, et c’est ce que nous avons fait dans les affaires précitées, que nous n’accepterons jamais l’opprobre des bien-pensants, la mise au ban, au nom d’une vision tronquée de l’histoire, d’une communauté qui ne serait pas respectable et l’égale des autres.

Oui! Nous combattrons jusqu’au bout pour montrer que nous ne cédons pas à la fatalité et que nous revendiquons toujours haut et fort, plus de cinquante ans après l’exode, la fierté d’être des Français d’Algérie.

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