Loi du 23 Février 2005 sur les rapatriés

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Collectif Harkis/Pieds-noirs - Communiqué de presse - Loi pour les rapatriés

Écrit par Administrateur. Associe a la categorie Loi du 23 Février 2005 sur les rapatriés

Nous avons relevé l’intention claire du gouvernement de bloquer le texte en l’état, après son examen par le Sénat le 16 décembre dernier, et de ne laisser passer aucun amendement sur ce projet de loi, portant reconnaissance de la Nation et Contribution nationale en faveur des Français rapatriés, le 10 février prochain, et qui prétend parachever les dispositions de réparation des préjudices moraux et matériels infligés aux populations massacrées ou chassées d’Algérie en 1962.

Nous souhaitons vous alerter et vous faire part de notre inquiétude devant cette attitude.

Il serait dramatique qu’après avoir annoncé son intention de régler une fois pour toutes le problème des Rapatriés, le gouvernement s’en tienne à un texte aussi insuffisant qui, de surcroît, contient des disparités ethniques choquantes et insupportables.

Nous comptons sur la presse, pour corriger l’information qui a déjà commencé à circuler selon laquelle les rapatriés seraient enfin indemnisés (sic) et autres balivernes du même crû.

                                      

COLLECTIF HARKIS / PIEDS-NOIRS  « LOI POUR LES RAPATRIES »


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ASSOCIATIONS ET AMICALES  SIGNATAIRES (AU 3 FEVRIER 2005)


                   -      AAFPA  - Association des Anciens des Forces de Police Auxiliaires
                   -      ACEP

                   -      ADEP

                   -      ADIMAD 
                   -      AJIR POUR LES HARKIS et ses délégations régionales
                   -      ALLO Les Anciens du Lycée Lamoricière
                   -      Amicale Aquafortaine du Souvenir de Fort de l'Eau
                   -      Amicale des Anciennes Elèves du Lycée Lazerges d'Alger
                   -      Amicale des Bonois, Constantinois et Anciens de Tunisie du Gard
                   -      Amicale des oraniens de l'Isère
                   -      Amicale des Pieds Noirs et de leurs Amis de Dordogne
                   -      Amicale des Pieds Noirs Mourenx Béarn
                   -      Amicale du Souvenir de Boufarikois
                   -      Amicale Guelma
                   -      Amicale Nationale des Enfants de l'Algérois
                   -      AMITIES ORANIENNES COTE D’AZUR
                   -      AMITIES ALGEROISES COTE D’AZUR
                   -      AMNFAROM, l'Association du Mémorial National des Français d'Algérie et Rapatriés d’O. .Mer.                                                                  
                   -      Anciens des Ecoles Collèges et Lycées Français de Blida Grand Sud-Ouest
                   -      Anciens des Tournants Rovigo
                   -      ANFANOMA NATIONALE et ses sections locales.
                   -      APCA Languedoc Roussillon
                   -      ARMR
                   -      ASSOCIATION DES ANCIENS HARKIS DE LA COTE D'OR
                   -      ASSOCIATION DES HARKIS DE LA COMMUNAUTE D'AGGLOMERATION SOPHIA-ANTIPOLIS ET LEURS AMIS.
                   -      ASSOCIATION DEFENSE et ILLUSTRATION de l'OEUVRE de la FRANCE d'OUTRE MER 
                   -      ASSOCIATION DES AMIS D'ALGERIANIE
                   -      ASSOCIATION DES FAMILLES DES VICTIMES DU 26 MARS 1962 ET DE LEURS ALLIES
                   -      ASSOCIATION NATIONALE DES TITULAIRES du TITRE DE RECONNAISSANE DE LA NATION
                   -      ASSOCIATION NATIONALE DES ANCIENS COMBATTANTS  D'OUTRE -MER
                   -      ASSOCIATION DES ANCIENS D'AFRIQUE DU NORD EN Espagne
                   -      ASSOCATION DES FRANÇAIS DU MAROC
                   -      ASSOCIATION DES PIEDS-NOIRS DE L'OCEAN INDIEN
                   -      ASSOCIATION PHILIPPEVILLOIS ET CONSTANTINOIS
                   -      CEPN, Centre d'Etudes Pied-Noir
                   -      CERCLE ALGERIANISTE NATIONAL et les cercles départementaux
                   -      CERCLE DES FRANÇAIS D'AFN et d'Outre-Mer
                   -      COLLECTIF AIXOIS DES RAPATRIES
                   -      COMITE NATIONAL POUR LES MUSULMANS FRANÇAIS
                   -      COORDINATION DES FRANÇAIS D'ALGERIE ET DES HARKIS DU VAR EST
                   -      Dracenoise des Rapatriés d'Outre-Mer
                   -      ENFANTS DE BONE et de l’EST ALGERIEN
                   -      F.N.R Fédération Nationale des Rapatriés
                   -      Fondation Méditerranée
                   -      FRANDE DEBOUT
                   -      Génélogie A.M.T
                   -      GNPI 
                   -      JEUNE PIED-NOIR
                   -      LES SAS
                   -      LA SMALA'H Outre-Mer
                   -      MAISON DES RAPATRIES DE GRENOBLE
                   -      MAISON DES RAPATRIES DE MARSEILLE
                   -      MAISON DU PIEDS-NOIRS DE PERPIGNAN
                   -      MAISON DU PIEDS-NOIRS DE SETE
                   -      MAISON DES RAPATRIES DE NICE
                   -      PIEDS NOIRS CLUB INTERNATIONAL
                   -      RANFRAN
                   -      SOUVENIR DES FRANCAIS DISPARUS EN ALGERIE.
                   -      UAVFROM UNION DES AMICALES VAROISES DES FRANÇAIS RAPATRIES D'OUTRE-MER
                   -      UNFAN
                   -      VERITAS


Les Médias Pieds-Noirs et Sites

                - ECHO DE L’ORANIE
                - ENSEMBLE
                - FRANCE HORIZON
                - LA SEYBOUSE
                - L'ECHO DES FRANÇAIS D'AFN
                - LE CRI                
-               - PIEDS-NOIRS D'HIER ET D'AUJOURD'HUI ( PNHA )
                - http://algerie2003.free.fr/
                - http://cefanom.free.fr/
                - http://cerclealgerianiste.free.fr/cadre/Cercle_Algerianiste.htm
                - http://nice.algerianiste.free.fr
                - http://oran1962.free.fr
                - http://tournantsrovigo.free.fr
                - http://www.algerie-francaise.org/
                - http://www.bartolini.fr/bone/
                - http://www.boufarik.org
                - http://www.cerclealgerianiste.asso.fr/contenu/piednoir35.htm
                - http://www.cerclealgerianiste-lyon.org/petition.htm
                - http://www.harkis.com
                - http://www.infopn.net
                - http://www.lecri.net
                - http://www.piednoir.net/


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Collectif Harkis/Pieds-noirs - Loi pour les rapatriés -

Écrit par Administrateur. Associe a la categorie Loi du 23 Février 2005 sur les rapatriés

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PROJET DE LOI PORTANT RECONNAISSANCE DE LA NATION ET

CONTRIBUTION NATIONALE EN FAVEUR DES FRANÇAIS RAPATRIES


Les associations signataires communiquent :

Les associations signataires avaient enregistré avec espoir les engagements du chef de l’Etat et du Premier ministre tout comme la volonté parlementaire unanime exprimée voici un an de « parachever »  les mesures de réparation et de reconnaissance à l’égard des Français d ’Algérie de toutes origines. Elles déplorent le rejet brutal de tous les amendements proposés, en décembre dernier, tant devant le Sénat que devant la Commission de l’Assemblée nationale et constatent que le projet de loi en l’état actuel ne solde pas notamment la dette d’honneur contractée par la Nation il y a prés d’un demi-siècle et reconnue solennellement par le Président de la République en  2001 et 2002.
    
Elles exigent l’égalité absolue de traitement entre les différentes composantes de la communauté rapatriée et demandent l’extension de toutes les mesures jusqu’alors discriminatoires figurant actuellement dans le projet, telles les dispositions de répression des injures et diffamations - qui ont d’ailleurs été dénaturées par le Sénat et doivent être rétablies dans leur force initiale - ou d’allocation aux supplétifs et aux orphelins pupilles de la Nation..

Elles demandent fermement, l’adoption de dispositions aussi essentielles  que celles touchant notamment à :

- La reconnaissance de la responsabilité de l'Etat français, à travers l'abandon et l'absence de protection, la non-évacuation ou non-récupération des français d'Algérie de toutes origines, Harkis et Pieds-Noirs, dans les massacres et disparitions qui ont frappé plusieurs milliers d'entre eux avec leurs familles après le 19 mars 1962. 

- La reconnaissance des conditions indignes de l’accueil réservé à ces populations et particulièrement aux  harkis rescapés et à  leurs familles, trop longtemps isolés dans des camps ;

- La reconnaissance du droit à réparation morale et matérielle des préjudices subis ;

- L’attribution de la mention « Mort pour la France » aux victimes civiles répondant aux critères établis et une réponse digne aux interrogations légitimes des familles de disparus concernant le sort de leurs proches ;

 - Le rôle et la composition de la Fondation pour la mémoire

- Une indemnisation enfin loyale des biens spoliés ou perdus.

 - l'attribution d’allocations aux personnes qui ont transité par les camps, exclues de toutes les mesures antérieures ; la fixation de la péremption pour les dossiers harkis à la date de la promulgation de la loi,

 - Le règlement des problèmes de réinstallation dans une profession non salariée des rapatriés mineurs et majeurs lors du rapatriement.

 - Le règlement des difficultés rencontrées en matière d‘état civil et dans la constitution des dossiers de retraite ;

Les associations signataires expriment leur incompréhension et leur insatisfaction devant le manque de concertation et d'écoute  des pouvoirs publics qui a prévalu au cours de  la discussion de cette loi . 

Elles en appellent aux Parlementaires pour défendre les amendements qu’elles leur ont proposés et au Premier ministre pour que soient acceptées les mesures concrètes qui seules feront qu’après « le temps de la douleur » vienne réellement « celui de la réparation et de la reconnaissance ».
Alors - et alors seulement - pourra venir  « celui de l’apaisement et de la réconciliation ».

Elles en appellent enfin solennellement au chef de l’Etat pour que soient réglés l’ensemble des problèmes évoqués ainsi que les questions délicates et douloureuses touchant les personnes disparues et les Harkis, préalablement à la signature d’un traité en préparation entre la France et l’Algérie.


ASSOCIATIONS ET AMICALES  SIGNATAIRES (AU 3 FEVRIER 2005)


                   -      AAFPA  - Association des Anciens des Forces de Police Auxiliaires
                   -      ACEP

                   -      ADEP

                   -      ADIMAD
 
                   -      AJIR POUR LES HARKIS et ses délégations régionales
                   -      ALLO Les Anciens du Lycée Lamoricière
                   -      Amicale Aquafortaine du Souvenir de Fort de l'Eau
                   -      Amicale des Anciennes Elèves du Lycée Lazerges d'Alger
                   -      Amicale des Bonois, Constantinois et Anciens de Tunisie du Gard
                   -      Amicale des oraniens de l'Isère
                   -      Amicale des Pieds Noirs et de leurs Amis de Dordogne
                   -      Amicale des Pieds Noirs Mourenx Béarn
                   -      Amicale du Souvenir de Boufarikois
                   -      Amicale Guelma
                   -      Amicale Nationale des Enfants de l'Algérois
                   -      AMITIES ORANIENNES COTE D’AZUR
                   -      AMITIES ALGEROISES COTE D’AZUR
                   -      AMNFAROM, l'Association du Mémorial National des Français d'Algérie et Rapatriés d’O. .Mer.                                                                  
                   -      Anciens des Ecoles Collèges et Lycées Français de Blida Grand Sud-Ouest
                   -      Anciens des Tournants Rovigo
                   -      ANFANOMA NATIONALE et ses sections locales.
                   -      APCA Languedoc Roussillon
                   -      ARMR
                   -      ASSOCIATION DES ANCIENS HARKIS DE LA COTE D'OR
                   -      ASSOCIATION DES HARKIS DE LA COMMUNAUTE D'AGGLOMERATION SOPHIA-ANTIPOLIS ET LEURS AMIS.
                   -      ASSOCIATION DEFENSE et ILLUSTRATION de l'OEUVRE de la FRANCE d'OUTRE MER 
                   -      ASSOCIATION DES AMIS D'ALGERIANIE
                   -      ASSOCIATION DES FAMILLES DES VICTIMES DU 26 MARS 1962 ET DE LEURS ALLIES
                   -      ASSOCIATION NATIONALE DES TITULAIRES du TITRE DE RECONNAISSANE DE LA NATION
                   -      ASSOCIATION NATIONALE DES ANCIENS COMBATTANTS  D'OUTRE -MER
                   -      ASSOCIATION DES ANCIENS D'AFRIQUE DU NORD EN Espagne
                   -      ASSOCATION DES FRANÇAIS DU MAROC
                   -      ASSOCIATION DES PIEDS-NOIRS DE L'OCEAN INDIEN
                   -      ASSOCIATION PHILIPPEVILLOIS ET CONSTANTINOIS
                   -      CEPN, Centre d'Etudes Pied-Noir
                   -      CERCLE ALGERIANISTE NATIONAL et les cercles départementaux
                   -      CERCLE DES FRANÇAIS D'AFN et d'Outre-Mer
                   -      COLLECTIF AIXOIS DES RAPATRIES
                   -      COMITE NATIONAL POUR LES MUSULMANS FRANÇAIS
                   -      COORDINATION DES FRANÇAIS D'ALGERIE ET DES HARKIS DU VAR EST
                   -      Dracenoise des Rapatriés d'Outre-Mer
                   -      ENFANTS DE BONE et de l’EST ALGERIEN
                   -      F.N.R Fédération Nationale des Rapatriés
                   -      Fondation Méditerranée
                   -      FRANDE DEBOUT
                   -      Génélogie A.M.T
                   -      GNPI 
                   -      JEUNE PIED-NOIR
                   -      LES SAS
                   -      LA SMALA'H Outre-Mer
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                   -      MAISON DU PIEDS-NOIRS DE SETE
                   -      MAISON DES RAPATRIES DE NICE
                   -      PIEDS NOIRS CLUB INTERNATIONAL
                   -      RANFRAN
                   -      SOUVENIR DES FRANCAIS DISPARUS EN ALGERIE.
                   -      UAVFROM UNION DES AMICALES VAROISES DES FRANÇAIS RAPATRIES D'OUTRE-MER
                   -      UNFAN
                   -      VERITAS


Les Médias Pieds-Noirs et Sites

                - ECHO DE L’ORANIE
                - ENSEMBLE
                - FRANCE HORIZON
                - LA SEYBOUSE
                - L'ECHO DES FRANÇAIS D'AFN
                - LE CRI                
-               - PIEDS-NOIRS D'HIER ET D'AUJOURD'HUI ( PNHA )
                - http://algerie2003.free.fr/
                - http://cefanom.free.fr/
                - http://cerclealgerianiste.free.fr/cadre/Cercle_Algerianiste.htm
                - http://nice.algerianiste.free.fr
                - http://oran1962.free.fr
                - http://tournantsrovigo.free.fr
                - http://www.algerie-francaise.org/
                - http://www.bartolini.fr/bone/
                - http://www.boufarik.org
                - http://www.cerclealgerianiste.asso.fr/contenu/piednoir35.htm
                - http://www.cerclealgerianiste-lyon.org/petition.htm
                - http://www.harkis.com
                - http://www.infopn.net
                - http://www.lecri.net
                - http://www.piednoir.net/



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Communiqué de Presse : position du Cercle Algérianiste sur le Projet de loi sur les rapatriés

Écrit par Administrateur. Associe a la categorie Loi du 23 Février 2005 sur les rapatriés

COMMUNIQUE DE PRESSE

 
Le projet de loi sur les rapatriés, une déception pour les Français d'Algérie
 
 
L'Assemblée nationale a donc adopté, le 10 février dernier, de manière définitive, le projet de loi portant reconnaissance de la Nation en faveur des rapatriés.
 
Certes, l'oeuvre des Français d'Algérie, de même que les drames de l'après 19 mars 1961, sont enfin reconnus par l'Etat, mais, force est de reconnaître, que ce texte de loi ne répond pas, loin s'en faut, aux attentes les plus profondes des rapatriés.
 
Quarante deux ans après le drame de l'exode, qui vit toute une communauté arrachée à sa terre natale, le temps était pourtant venu que la Nation accomplisse le chemin de vérité et de réconciliation que l'on attendait d'elle, en reconnaissant non seulement les drames qu'ont constitué le tragique abandon des Harkis ainsi que celui de milliers de pieds Noirs enlevés et assassinés par le FLN, mais aussi la responsabilité de l'Etat à l'origine de ces drames.
 
Le gouvernement n'a pas souhaité répondre à cette attente, en témoigne son obstination à rejeter tous les amendements proposant notamment la reconnaissance du drame de la fusillade de la rue d'Isly, le 26 mars 1962, à Alger, et d'attribuer la mention "Mort pour la France" aux victimes.
 
C'est une erreur profonde.
 
Cela montre, plus de quarante ans après l'exode, qu'il est encore tabou d'évoquer les responsabilités des gouvernants de l'époque dans les drames subis par toute une population meurtrie.
 
La communauté rapatriée, si elle reconnait les avancées de ce texte de loi, ne peut donc être satisfaite et regrette le manque de souffle et d'ambition qui a présidé à l'élaboration de cette loi.
 
Le combat demeure en conséquence, pour que la responsabilité de l'Etat soit enfin reconnue, condition Indispensable pour apaiser les coeurs et les esprits.

Cercle algérianiste National
Fédération des Cercles Algérianistes
B.P. 213 - 11102 Narbonne Cedex
Tél. 04 68 65 22 41 - Fax : 04 68 32 69 64

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La reconnaissance en demi-teinte de la Nation

Écrit par Thierry Rolando. Associe a la categorie Loi du 23 Février 2005 sur les rapatriés

Il y a un peu plus d’un an, le gouvernement annonçait aux rapatriés sa volonté de proposer un nouveau projet de loi destiné à parachever la reconnaissance de la Nation envers notre communauté.

Ce processus vient de trouver, le 10 février dernier, son aboutissement avec l’adoption, par l’Assemblée nationale, de manière définitive, du projet de loi portant reconnaissance de la Nation en faveur des rapatriés.

Cet ultime exercice législatif aurait pu être l’occasion d’aller au fond des choses, d’accomplir jusqu’à son terme le chemin de vérité et de mémoire que nous étions en droit d’attendre.

Certes, l’oeuvre des Français d’Algérie, de même que les drames de l’après 19 mars 1962 sont enfin reconnus par la Nation, mais pour autant ce texte de loi nous laisse un goût d’inachevé et ne
 répond pas, loin s’en faut, aux attentes les plus profondes des rapatriés.

Quarante-deux ans après le drame de l’exode, qui vit toute une communauté arrachée à sa terre natale, le temps était pourtant venu que la Nation accomplisse le geste de réconciliation que l’on
attendait d’elle, en reconnaissant non seulement les drames qu’ont constitué le tragique abandon des Harkis ainsi que celui de milliers de Pieds-Noirs enlevés et assassinés par le F.L.N., mais
aussi la responsabilité de l’État à l’origine de ces drames.

Le gouvernement n’a pas eu le courage et la volonté de répondre à cette attente, en témoigne son obstination à rejeter tous les amendements proposant notamment la reconnaissance du drame de la fusillade de la rue d’Isly, le 26 mars 1962, à Alger, et d’attribuer la mention « Mort pour la France » à ses victimes.

C’est regrettable et cela nous semble être une erreur profonde.
 
Cela montre que, plus de 40 ans après l’exode, il est encore tabou d’évoquer les responsabilités des gouvernants de l’époque dans les drames subis par toute une population meurtrie.
 
La communauté rapatriée, si elle reconnaît les avancées de ce texte de loi, ne peut donc être satisfaite et déplore le manque de souffle et d’ambition qui a présidé à l’élaboration de cette loi. C’est pour elle une grande occasion manquée.
 
Le combat demeure en conséquence, pour qu’enfin la responsabilité de l’Etat soit reconnue, condition indispensable pour apaiser les coeurs et les esprits.

Thierry Rolando
Président national du Cercle algérianiste

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Commentaires sur la loi du 23 février 2005

Écrit par Maurice FAIVRE. Associe a la categorie Loi du 23 Février 2005 sur les rapatriés

portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés


Approuvée par le Conseil d'État, amendée par l'Assemblée et par le Sénat, cette loi a été adoptée en deuxième lecture, sans modification, le 10 février. Des historiens de sensibilité anticolonialiste ont fait signer une pétition contre son article 4 qui, à leur sens, impose une histoire officielle contraire à la neutralité scolaire.

Il est vrai qu'il n'appartient pas au législateur de définir la vérité historique et, en particulier, de «reconnaître le rôle positif de la présence française outre‑mer, notamment en Afrique du Nord ». Ce membre de phrase ‑ approuvé par les parlementaires de droite et de gauche ‑ est donc rédigé de façon maladroite. J'y reviendrai. En revanche le reste de l'article paraît tout à fait acceptable: « la présence française outre‑mer mérite d'être étudiée », rien n'interdit aux historiens d'en souligner aussi les aspects négatifs; d'autre part, « les sacrifices des combattants de l'armée française issus de ces territoire » ne sauraient être passés sous silence; leur histoire éminente a été reconnue par toute la nation et par les chefs d'États étrangers le 15 août dernier.

L'intervention de l'État et du législateur dans la définition de la vérité historique n'est pas une nouveauté. La loi Gayssot du 13 juillet 1990 pénalise le révisionnisme sur les camps de concentration; la loi Taubira du 21 mai 2001 instaure une histoire officielle, tronquée, de l'esclavage. Faut‑il rappeler la condamnation par le président Chirac de la politique raciale de Vichy, et la reconnaissance le 18 janvier 2001 du génocide arménien?

Que des rapatriés et des historiens veuillent mettre en lumière certains aspects positifs de la colonisation n'est donc pas du négationnisme, mais au plus du révisionnisme, qui est une méthode de travail normale des chercheurs en histoire. Ainsi François Furet et Stéphane Courtois, qui ont remis en question l'histoire de la Révolution française et du léninisme, sont‑ils de remarquables révisionnistes.

Cette révision est d'autant plus nécessaire que la majorité des historiens et des médias imposent à l'opinion une histoire anticolonialiste et antimilitariste qui est loin d'être impartiale. Le Livre noir du colonialisme, en particulier, qui énonce un certain nombre d'erreurs historiques (un million de martyrs de la révolution algérienne ‑ 60000 Français tués en Algérie ‑ 40000 victimes de la révolte de 1947 à Madagascar) ne fait appel qu'à des auteurs partisans. Marc Ferro lui‑même reconnaît, je cite, que «depuis un demi‑siècle, symptomatique est le comportement des léninistes de toute branche... staliniens, trotskistes, maoïstes... Jugeant désormais illusoire l'avenir de la Révolution, ils s'infiltrent dans les organisations politiques au pouvoir, ou encore dans la presse et les médias ». Tous ont signé la pétition de Liauzu, même des admirateurs de Pol Pot; on est surpris cependant d'y trouver la signature de Harkis, alors que la loi leur rend justice!

Dans cette recherche d'une histoire objective, « le comptage des victimes est un des éléments importants de l'appréciation historique », écrit Stéphane Courtois, approuvé par l'allemand Ehrart Neubert, qui souligne « qu'aucun colonialisme européen n'a... coûté autant de morts » que le communisme. Il faut, en matière d'extermination coloniale, comparer la croissance de la population algérienne, multipliée par quatre de 1871 à 1955, à la disparition des Indiens d'Amérique et des aborigènes d'Océanie. Le comptage des moyens financiers est une autre source de comparaison, utilisée par Jacques Marseille qui démontre que « la France a davantage secouru qu'elle n'a exploité l'Algérie ». Ainsi les administrateurs de la France d'Outre‑mer répandent‑ils les crédits du FIDES à partir de 1946. Les témoignages individuels ne sont pas toujours fiables, mais les deux cents témoignages publiés en 2003 par le préfet Clauzel sont un document pour l'histoire, que Pierre Messmer justifie: « La paix française est acceptée et non imposée, l'administration est partout légère et déconcentrée. Elle est aussi d'une qualité exceptionnelle. Les administrateurs aiment l'Afrique...
»

Souhaitons que tous les historiens poursuivent recherches et révisions. Les uns retiendront les exactions de la colonne Voulet‑Chanoine, les autres l'élimination des despotes africains et malgaches, la lutte contre l'esclavage et les 70 ans de paix obtenus à la suite de Faidherbe, Galliéni, Brazza et Lyautey (résultats compromis par les massacres inter‑tribaux de la décolonisation). Les razzias de Bugeaud et les erreurs de la loi Warnier seront mises en parallèle avec la construction de 54000 km de routes, de villes modernes, de barrages, de 120 hôpitaux, 23 ports et 23 aéroports. Les sévices de la bataille d'Alger seront minimisés par les admirateurs du général Massu, héros de la 2e DB, créateur des centres ouvriers de Maison‑Carrée et de Kouba, des Foyers de Yaouleds, et soutien, aux côtés des Équipes médico‑sociales itinérantes (EMSI), de la condition féminine des musulmanes.

Ainsi les Français de bonne foi pourront‑ils choisir entre deux histoires contradictoires, comme autrefois entre Sartre et Raymond Aron. Ils s'efforceront de se replacer dans le contexte historique, et de ne pas juger les faits du 19e siècle avec les idées du 21e. Leur jugement pourra donc être globalement positif, ou négatif, voire nuancé.

La contestation universitaire de la loi apparaît comme un coup d'épée dans l'eau, si elle ne donnait des armes au communautarisme des banlieues et à l'enseignement de l'histoire en Algérie, qui est aux ordres du parti et des oulémas et non des historiens. Elle accompagne aussi la repentance unilatérale de la France, malheureusement engagée par notre ambassadeur à Sétif, et auquel M. Bouteflika a fait écho le 19 mars dans un message antifrançais. Il est des moments où l'État doit parler, à condition de ne pas dérailler. Il lui revient de veiller à la paix sociale, et de ne pas encourager le ressentiment des victimes de la décolonisation, ni la xénophobie des « indigènes » manipulés par les radicaux de l'islam (heureusement contestés par Jean Daniel dans Le Monde du 27 mars).

Ma conclusion est qu'il faudrait abroger toutes les lois qui imposent une interprétation de l'histoire. En attendant, une directive ministérielle pourrait préciser que la colonisation doit être étudiée dans tous ses aspects, positifs et négatifs.

Maurice Faivre

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