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Une Fondation pour la Mémoire de la guerre d’Algérie aux contours incertains

Écrit par Thierry Rolando. Associe a la categorie Editos

Une Fondation pour la Mémoire de la guerre d’Algérie aux contours incertains

Il aura fallu attendre cinq ans pour que la Fondation pour la Mémoire de la guerre d’Algérie, des combats du Maroc et de Tunisie, prévue par la loi sur les rapatriés du 23 février 2005, soit enfin portée sur les fonds baptismaux.

Annoncée par l’ancien secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants, Hubert Falco le 19 octobre dernier, cette Fondation, présidée par l’ancien patron du groupe Axa Claude Bébéar, aura une vocation des plus larges puisque sa mission sera de « collecter, d’authentifier, de conserver, de mettre à disposition des historiens mais aussi des enseignants, des jeunes, du grand public, tous les témoignages, ouvrages, enregistrements, documents sur ce conflit ».

Elle devra le faire, ajoute Hubert Falco, avec « rigueur et objectivité, sans rien occulter des événements ni de la façon dont tous les protagonistes les ont vécus qu’ils aient été appelés, officiers d’active, Pieds-Noirs, Harkis membres de l’OAS, activistes du FLN… » Autant dire un spectre des plus larges !

Cette Fondation à peine annoncée, est bien évidemment déjà étrillée par les historiens idéologues, partisans d’une fondation franco-algérienne, qui considèrent que la fondation sera en fait une caisse de résonnance des « nostalgiques » de la colonisation et des rapatriés en particulier.

Il s’agit donc de délégitimer, dès sa naissance, cette fondation.

Les accusations de mainmise par les associations de Français d’Algérie de cette entité sont d’autant plus ineptes que les Pieds-Noirs n’ont eu aucun pouvoir décisionnel dans les travaux de préfiguration et qu’aucun de ses représentants ne figure au conseil d’administration, pas plus qu’au conseil scientifique en cours de gestation.

Quant à l’orientation de ladite fondation dans le futur, bien malin celui qui pourrait affirmer avec certitude ce qu’elle sera, alors même que les gouvernements sont éphémères et que les lignes politiques fluctuantes.

Alors, nous allons observer, avec toutefois, une ferme détermination : celle de nous assurer que ce nouvel instrument de recherche ne tombe pas, à terme, une fois de plus, entre les mains des historiens qui, dans le sillage d’un Benjamin Stora, considèrent que la France doit faire repentance.

Thierry ROLANDO

La Fondation pour la Mémoire de la guerre d’Algérie en quelques données :

Dotée d’un capital de 7,2 millions d’euros, la fondation a bénéficié des apports des « Gueules Cassées » pour 2,5 millions d’euros ; de la Fédération Maginot 1,2 millions ; du Souvenir français 0,5 millions, et de l’Etat à hauteur de 3 millions. Son conseil d’administration comprend quinze membres dont six représentants des trois associations fondatrices. Cinq autres membres sont nommés par le gouvernement et quatre personnalités qualifiées choisies en raison de leur compétences, par les deux collèges précédents. Parmi les personnalités retenues outre son président, le conseil d’administration de la Fondation accueille l’ancien ministre Hamlaoui Mekachera, l’ambassadeur Frédéric Grasset, le général François Meyer et l’ancien préfet Roger Benmebarek.