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Mars 2006

Écrit par Administrateur. Associe a la categorie Satisfecit et Cartons Rouges

Satisfecit et cartons rouges


Débat sur la polémique autour de la colonisation et de l’abrogation de l’article 4 de la loi du 23 février 2005.
Parmi les nombreuses déclarations d’élus qui ont été amenés à se prononcer sur la décision du président de la République d’abroger l’article 4 on relève :

Dans la catégorie carton rouge, pour leur absence de courage, le ministre délégué aux Anciens combattants, Hamlaoui Mekachera, qui a indiqué « qu’il s’agissait d’une décision de sagesse car la polémique a masqué les apports de la loi en faveur des rapatriés et des Harkis ». Tout aussi courageux, le rapporteur de cette même loi, le député des Bouches-du-Rhône, Christian Kert, ajoutait que « la décision de Jacques Chirac était la solution la plus raisonnable pour apaiser une polémique dont l’ampleur dépasse désormais largement l’intention formelle du texte ». Le ministre du Tourisme, le Guyanais Léon Bertrand, s’est félicité pour sa part de la solution de bon sens républicain et du fait que, par cette décision le Président manifestait que l’unité nationale, dont il est le garant, impose que l’on se garde d’inscrire dans la loi des notions qui portent en germe le mépris et la négation de l’autre. Quant à Nicolas Sarkozy, il soulignait le geste d’apaisement voulu par le président de la République en ajoutant « de ce que j’ai compris, le reste de la loi restera en vigueur. C’est très important pour un certain nombre de nos compatriotes, Harkis notamment ». Enfin, Jean-Louis Debré, président de l’Assemblée nationale, chargé par Jacques Chirac d’une mission qui, en fait, devait conduire à cette abrogation, n’hésitait pas à déclarer qu’il n’y a dans cette décision ni humiliation, ni renoncement, ni reniement, ni repentance. En matière de reniement, pourrait-on objecter, il a de qui tenir. Quant à la gauche, de Christiane Taubira au parti communiste en passant par les Verts et le parti socialiste, rejoints par l’UDF, ce fut évidemment un concert unanime en faveur de l’abrogation de la loi.
Enfin carton rouge d’honneur à Roger Hanin qui déclare à Paris-Match (24 novembre 2005) : « On habitait la basse Casbah d’Alger. On ne roulait pas sur l’or mais, au risque de faire cliché, on était riches de notre amour. Ce qui ne m’a pas empêché de me sentir parfois humilié, malheureux. Parce que nous étions pauvres, on ne me recevait pas dans les familles « françaises », c’est-à-dire pas juives, les Pieds-Noirs. J’avais le droit de jouer au basket avec leurs fils, mais pas de venir m’amuser dans leurs surprises-parties. Moi je trouvais ça normal ! C’est plus tard que j’ai réalisé ce racisme, cet antisémitisme. J’étais un « arabe juif ». L’ironie, c’est qu’aujourd'hui je suis leur emblème. Ils ont oublié. Moi aussi ».

Dans la rubrique satisfecit, on notera cependant que quelques élus firent preuve de courage dans ce concert de pensée unique, tel à l’UMP, Claude Goasguen qui déplorait que l’on écarte le sujet sans le régler en précisant que ce n’est pas par l’omission que l’on va réconcilier les Français. Lionel Lucca pour sa part regrettait que l’on ait cédé à l’agitation de groupuscules qui ne représentent qu’eux-mêmes, pendant que Christian Vanneste, auteur de l’article 4, rappelait le parti pris des manuels scolaires dans le traitement de la présence française outre-mer. Michèle Tabarot, fille de Pied-Noir, quant à elle évoquait la légitime fierté que nous pouvons retirer de cette présence française en Algérie. Enfin, Philippe de Villiers estimait que le retrait de cet article était « une honte s’inscrivant dans une longue chaîne de reniements vis-à-vis de l’histoire de France qui nous amène à fêter Trafalgar plutôt qu’Austerlitz, à préférer le FLN à l’armée française », pendant que Jean-Marie Le Pen dénonçait le mensonge de la mission Debré « prétexte pour adopter une fois de plus des positions salissant la mémoire nationale ».

À l’initiative de notre ami et adhérent, le journaliste Jean Jolly, l’Académie des sciences d’Outre-mer, après un vif débat, a adopté, avec le soutien de son président Xavier de Planhol, dans sa séance du 27 janvier 2006, une motion par laquelle elle s’élève avec force contre la campagne de désinformation niant les aspects positifs de la contribution de la France au développement des pays dont elle avait la charge. Un grand bravo donc pour cette réaction courageuse.