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CVR du 22 Mars 2009 : New York Times Art. In France, a war of memories over memories of war

Écrit par Michel Lagrot. Associe a la categorie Le Comité de Vigilance et de Riposte (CVR)

New York Times Art. In France, a war of memories over memories of war




Messieurs,

Vous avez publié dans votre n° du 4 mars l’article cité, suite à une interview réalisée à Perpignan, France, sur les Français d’Algérie, l’histoire de l’Algérie française et la mémoire de ses habitants,réfugiés aujourd’hui en France et ailleurs.
Nous avons apprécié que ce sujet soit abordé, car nous savons qu’il est totalement ignoré du public américain. Cependant, votre article est très éloigné de la réalité historique et ne reproduit même pas nos déclarations à vos journalistes. De plus vous parlez de « Algerian Circle », expression fausse qui laisse croire que nous sommes algériens : notre association est « algérianiste », mot désignant  une école littéraire des années 30 en Algérie.

Les origines du mot « Pieds noirs » n’ont rien d’obscur : on sait qu’il vient d’une plaisanterie de collégiens du Maroc en référence aux amerindiens de la tribu des Blackfeet du Montana, vers 1955. Et il est inexact que les Pieds noirs sont tous d’origine étrangère, comme vous l’écrivez : une large majorité est française, émigrée en Algérie, souvent pour des raisons politiques. Une loi a donné la nationalité française automatiquement à tous les étrangers en 1889.

Ce n’est pas par nostalgie que nos militants poursuivent des projets de musées de notre province , mais parce que
Il existe en France, comme vous l’écrivez, un lobby déterminé à empêcher que notre histoire soit connue, appuyé par les mensonges officiels diffusés par l’enseignement public et une grande partie de la presse. Nos seul espoir que notre mémoire ne disparaisse pas est que nous la conservions nous même. Et nous savons bien que notre existence dans la Nation française est comme un reproche vivant à la politique de trahison par laquelle le général de Gaulle prit le pouvoir en 1958, d’oû l’opposition des politiciens officiels à nos actions.

Il est curieux que vous évoquiez, à propos du général Aussaresses, la torture utilisée par l’armée française, sans dire un mot des supplices mille fois plus nombreux et cruels exercés par les nationalistes algériens sur les populations civiles. C’est un point de vue partiel que nous ne pouvons accepter. Il ne faudrait pas oublier que le terrorisme exercé en Algérie par les nationalistes contre le population fut mille fois plus cruel que celui des islamistes d’Al Qaïda que nous connaissons aujourd’hui , et qu’il dura 8 ans. Et vous écrivez que nous ignorons les Algériens victimes des Pieds noirs : que voulez vous dire ? aucun Français d’Algérie n’a fait la guerre aux Algériens, il n’y a jamais eu de guerre entre eux . La guerre fut menée par une minorité aux motivations islamistes contre la présence française et non par des Français d’Algérie contre les Musulmans. L’immense majorité des musulmans de ce pays ne demandait que le paix française et profitait largement de nos lois.

Les chiffres donnés dans votre article sont faux : le système électoral était beaucoup plus complexe que vous ne l’écrivez et le chiffre de un pour dix est inexact ; le pourcentage des enfants scolarisés par la France était en 1961 de 72% et non de 14 % qui est le chiffre de 1920 ; le rapport des revenus entre Français et arabes était loin des 1/5 et il aurait été honnête de noter que le revenu moyen des Pieds noirs était inférieur de 20% à celui des Français de la métropole. D’autre part, grâce à la France, le revenu des Algériens musulmans en Algérie était un des plus hauts du continent africain.

Vous décrivez avec un certain mépris les objets historique de notre dépôt de Perpignan. Permettez nous d’observer que, aux USA, on peut visiter ( au Texas particulièrement ) de nombreux petits musées de pionniers aux objets également poussiéreux et démodés : nous les regardons avec respect car nous savons ce qu’ils signifient de travail et de souffrance pour créer votre magnifique pays, et nous évoquons exactement la même aventure en Afrique du nord. D’ailleurs, partout, avant d’être exposés dans des musées avec toute la science des spécialistes, tous les objets ont connu les étagères des dépots et la poussières des rayons….

Les troubles causés dans nos banlieues par des groupes ethniques ont de toutes autres causes que des séquelles de la colonisation, mais servent de prétextes à nos responsables politiques incapables, pour accuser les autres. On peut citer pourtant l’exemple des peuples venus de l’Indochine française, eux aussi colonisés par nous, nombreux réfugiés en France, et qui ne causent aucun trouble dans notre pays, pas plus que les peuples du Viet Nam ne causent de problème dans le vôtre.
Il est regrettable que votre article présente M.Stora comme historien de l’Algérie : c’est un Trotskyste de formation, unanimement considéré par les Pieds noirs comme le principal falsificateur de l’histoire d’Afrique du Nord.

Nous souhaitons que notre courrier soit publié dans vos colonnes pour ramener la mémoire de la France en Algérie à une vision plus exacte.

Avec mes sentiments distingués

M.LAGROT
Responsable CVR
Hyeres 22/3/2009






The editor
The New York Times
620 Eighth avenue                                                                                                    
New York, NY 10018

Hyères, march 21st / 2009

Gentlemen,

You published in your  issue of march 4th an article «  In France, a war of memories » following an interview in Perpignan, France, about french people and french history in Algeria,  and memory of these people, now refugees in France and elsewhere. We appreciate your interest in such a matter, historically important, and widely unknow by your readers and even by the american universities. However, your article neither  reports the historical reality, nor our interview with your correspondants in France.  Furthermore, the term « Algerian circle » you used in your text is basically wrong, as it means we are algerian : our  cultural organization is « algerianiste », by the name of a literary movement born  in the thirties .

About the « Pieds noirs », the term’s origins are quite clear : we know it comes from a schoolboy’s joke in Morocco, referring to the indian tribe of Blackfeet in Montana, displayed by the many US movies we used to watch in North Africa in the fifties. And then used in a political sense by french public. And publishing that most of the « pieds noirs » came from foreign countries is wrong : major part of them were french, emigrated in Algeria for some reasons, (especially political ) . By a french law in 1889, all foreigners automatically got the french nationality .

It’s not by nostalgia that our militants manage museum’s projects on our past province, but because there is in France, as you wrote, a leftist lobby which decided to prevent any aknowledgment of our history, supported by official lies displayed by both public education system and most part of the media . Our unique hope towards a survival of our history is by beeing our own keeper. And we perfectly know that our existence among the french nation is a living blame against  the treason of general de Gaulle when he assumed power in 1958 by a coup : hence a strong opposition against us , by both gaullist politicians and the left wing of politics.

It is amazing that you evoke, about general Aussaresses, the torture by french Army, without a word on the many tortures, a lot more cruel, perpretated by algerian nationalists on civilian populations. We cannot accept such an unfair point of view. You should not forget that terrorism committed by the nationalists in Algerian against civilians was much more cruel than even  the crimes of Al Qaida nowadays, and during eight long years  . And you write we «  ignore the Algerian who were victims of the pieds noirs… » what do you mean ? No French ever made war against civilian Algerians, there was never any war between them, in any place, at any time.  The war was started by a small islamic minority against french presence, not by the pieds noirs against the muslims. A vast majority in the country just wished a french peace and greatly took advantage of  our presence.

All the figures you report are wrong : about the election system, a ratio of 1/10  isn’t  the reality, which was much more complicated ; in  1961 ( last statistics ) 72 % of muslim kids went to school, and not 14 % ( figure of 1920 ) ; income imbalance was far from the 1/5, and you should write, to be fair, that the average income of the pieds noirs was 20% under the average income in France. On the other hand, thanks to France, the algerian muslim’s income was from far one of the best in the african continent.

With some contempt,  you give a short description of  historical artifacts  we own in Perpignan. Let us notice that, in your country, especially in Texas, you can visit many small pionneer’s museums with such artifacts, dusty and obsolete as well. We watch them  with respect, because we know what they mean as hard work and pain, to create your beautiful country, and we just plan to tell the same story in french North Africa. On the other hand, everywhere, before being exposed in modern museums by the technology of specialists, all artifacts lie on the shelves of  the vaults and under dust and moisture of old buildings.

The riots and troubles by ethnic groups in our suburbs have nothing to do with colonialism or history, but they are just a plea
among the french politicians, unable to solve the problem, but  quick to find responsabilities in historical causes.
Let us watch, for instance, people from  Indochina, once colonized by French too, now refugees in France for decades, who never caused any trouble in our country, in the same way your vietnamese refugees behave in yours.
We deeply regret that you introduce Benjamin Stora as an Algeria’s historian : he is unanimously held by the pieds noirs to be the main falsifier in history of North Africa.

We wish you published our mail in a next issue  , for a better  apprehension of our history.

Sincerely yours

M.Lagrot 
o.b. President