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CVR du 5 avril 2004 : L'Express

Écrit par Michel Lagrot. Associe a la categorie Le Comité de Vigilance et de Riposte (CVR)

La revue " L'EXPRESS " a été dès sa création, un organe de soutien pour tout ce qui a combattu la France en Algérie, avec ce que cela comportait de campagnes contre la population française de ces départements, de calomnies contre l'Armée etc.

Dans cette lignée jamais démentie, et alors que l'on pourrait penser que quarante ans écoulés pouvaient laisser place à un minimum d'objectivité, elle publie dans son numéro 2645 une interview, recueillant les propos de Mme REY-GOLDZEIGUER "historienne ".

Treize pages, pas moins, sont censées retracer l'histoire commune de la France et de sa province algérienne, amalgamée d'une façon significative avec l'histoire de l'Algérie d'aujourd'hui depuis son indépendance dans un titre abusif parlant de 172 ans " de drames et de passion " : alors que précisément, si dans les siècles écoulés de l'histoire du Maghreb si agitée et si tragique dans son ensemble, on ne trouve qu'une seule période sans drame et sans beaucoup de passion, c'est bien le " siècle français "…

C'est assez dire que le contenu est une suite de contre vérités, de mensonges flagrants, d'omissions volontaires, d'approximations, dont on peut dire que chaque ligne est une atteinte à la vérité, Le tout trop caricatural pour valoir la peine d'une rectification en détail, Il y a mieux à faire qu'à y consacrer à son tour treize pages… Nous nous contenterons d'en reprendre, après le titre, les premières lignes, lorsque l'auteur, classé " parmi les meilleures historiennes de la période ", décrit l'Algérie des Turcs, non " comme une nation a proprement parler ", mais comme une patrie ! Outre le fait que les nationalistes algériens les plus convaincus ont affirmé eux mêmes que la patrie algérienne n'avait jamais existé (Cf Ferhat Abbas), comment peut-il y avoir patrie sans nation ?!. Quant aux relations " presque familiales " que la France nouait avec le pays d'Alger. Il faut un culot inédit pour omettre qu' elles étaient conditionnées depuis plus de trois siècles par la piraterie des barbaresques et le commerce des esclaves dont les Français étaient plutôt fournisseurs que clients....

il est cependant un point qu'on ne peut laisser sans réponse, c'est son jugement concernant les Français d'Algérie, que nous nous honorons d'être. Lorsque l'arrivée au pouvoir du maréchal Pétain est qualifiée de " divine surprise " pour ces Français, remarquons seulement que cette divine surprise l'a été pour la quasi totalité de la population française de l'époque et qu'ils n'ont pas fait exception...mais surtout que les musulmans d'Algérie, nationalistes compris, ont été les plus pétainistes, ce que toutes leurs traditions font aisément comprendre. Et lorsque l'auteur de ces propos mentionne avec horreur les camps du sud, où étaient internés en 1941 certains opposants (et pas seulement les juifs comme elle le prétend) elle n'a pas l'honnêteté élémentaire de rappeler qu'après 1942, les pétainistes y furent envoyés avec le même arbitraire, dans les mêmes conditions et pour beaucoup plus longtemps....

Mais surtout, inacceptable et diffamatoire est l'affirmation suivant laquelle le racisme profond est finalement l'unique idéologie pied noir. Outre qu'on ne voit pas comment le racisme, qui est de l'ordre du sentiment, pourrait constituer une idéologie, construction intellectuelle par définition, on peut sans raisonner indéfiniment sur cette tarte à la crème de nos têtes pensantes modernes répondre par un fait incontestable : chaque Pied noir revenu en Algérie après l'indépendance en visite chez d'anciens voisins ou connaissances a été accueilli en frère et en ami, et on ne connaît pratiquement aucune exception à ce fait, non plus qu'à la préférence systématique des algériens immigrés en France pour travailler chez des patrons pieds noirs. Il faudrait alors admettre qu'un racisme profond est la base de l'amitié, ce qui est parfaitement incohérent !

On pourrait facilement réfuter chaque ligne ou presque de cet article, véritable litanie de sottises et d'inexactitudes.

Ajoutons qu'à l'heure où, après quarante ans de calomnies et de préjugés, certains média se sont penchés avec un peu plus d'objectivité sur la nature du peuple pied noir, qui deviennent presque des êtres humains - quel progrès ! - on n'y trouve ressassés que les slogans les plus éculés d'un parti, celui de madame Rey etc., dont l'histoire commence à faire le bilan. Au vu de ce dernier, les " historiens " de cet acabit seraient mieux inspirés de garder profil bas.

Bien entendu, l'Express aura à coeur de publier un autre article d'un " vrai " historien pour préserver le minimum d'honnêteté auquel un " vrai " journaliste devrait se croire tenu. Nous sommes à sa disposition pour en indiquer si son carnet d'adresses était un peu court, et, dans cette perspective, nous sommes, sans illusions, dans l'attente d'un réflexe d'honnêteté…

C.V.R.