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Les lobbies abrogationnistes ne désarment pas

Écrit par Thierry Rolando. Associe a la categorie Loi du 23 Février 2005 sur les rapatriés

Si certains ne désarment pas dans leur combat contre la loi du 23 février 2005 sur les rapatriés, ce sont bien évidemment les lobbies abrogationnistes et en particulier ceux qui sont proches de la gauche extrême tels que la Ligue des droits de l’homme et le MRAP. L’article 4 disposant que les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, leur a été, nous le savons, insupportable. Mais la décision de Jacques Chirac et du Conseil constitutionnel de déclasser l’alinéa 2 de ce fameux article leur a enlevé, momentanément du moins, un prétexte pour occuper la scène médiatique. Qu’à cela ne tienne, ces associations se sont trouvé de nouveaux chevaux de bataille car il semble qu’elles viennent de découvrir avec horreur que la loi du 23 février 2005 portait en elle les germes d’autres abominations. Ainsi, après l’article 4, c’est au tour de l’article 3, prévoyant la création d’une fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie des combats du Maroc et de Tunisie, de subir les foudres des contempteurs de la loi. En effet, cette fondation n’est-elle pas, comme le redoute l’historien militant Claude Liauzu, le lot de consolation offert aux lobbies rapatriés qui ne peuvent, bien sûr, qu’être revanchards et nostalgiques de l’Algérie française et d’une certaine organisation clandestine qui plus est ? Les historiens qui, comme nous le savons, sont bridés depuis 43 ans dans leur expression ne vont-ils pas être mis par ailleurs en coupe réglée ? Ces inquiétudes ont amené Jean-Pierre Dubois, président de la Ligue des droits de l’homme, à faire pression auprès du ministre de l’Éducation nationale, Gilles de Robien, pour lui demander de créer de préférence une fondation franco-algérienne indépendante de « tout groupe porteur de mémoire » et des rapatriés en particulier. On imagine bien volontiers quelle serait la composition d’une telle fondation si le vœu de M. Dubois était exaucé. On peut d’ailleurs encourager de la même manière ledit M. Dubois à proposer à Alger une fondation ouverte aux tenants de l’Algérie française en guise de réciprocité. Et comme si cela ne suffisait pas, les lobbies précités ont tenu à rajouter à leur catalogue l’article 13 tout aussi abominable que les autres, article qui prévoit tout simplement, l’amnistie étant passée par là, ce qui n’a pas eu l’air de frapper nos amis pseudo-défenseurs des droits de l’homme, d’indemniser ceux qui, en exil entre 1962 et 1968, ont dû reconstruire leur carrière. Mais cela est tout aussi insupportable pour les militants des organisations que sont le MRAP et la Ligue des droits de l’homme. Elles ont même en effet découvert, à la lecture de l’arrêté précisant la composition d’une commission chargée de proposer ces indemnisations, commission, dont chacun sait qu’elle est d’une importance primordiale dans les rouages de l’État, qu’un ancien de l’Organisation, âgé de 77 ans, Athanase Georgeopoulos, en faisait partie. Bigre, la bête immonde serait donc de retour et ferait trembler encore dans leurs chaumières ces partisans de la réconciliation qui n’ont pas beaucoup été émus par ailleurs de voir l’ancienne poseuse de bombe de la Casbah d’Alger, la sinistre Zohra Driff, pérorer sur les antennes nationales ou bien encore son ancien supérieur Yacef Saadi, dont les mains sont encore rouges du sang des femmes et des enfants assassinés dans les cafés ou devant les arrêts de bus d’Alger, serrer la main du président de la République. Les Droits de l’Homme, c’est bien connu, pour ces militants idéologues ne valent que quand ils servent certaines causes. En conclusion, c’est bien toute la loi du 23 février 2005 dont ils veulent l’abrogation au motif très certainement non avoué que la Nation n’a pas à reconnaître en quoi que ce soit l’œuvre des Français d’Algérie et les drames qui ont été les leurs. On peut même se demander à quel moment ceux-là même qui veulent aussi nous contester tout droit à l’obtention d’un mémorial d’outre-mer que ce soit à Marseille ou à Montpellier ou toute stèle en hommage à ceux qui ont perdu leur vie pour la défense de leur patrie, vont-ils demander l’interdiction de toute expression de la  mémoire pied-noire au motif qu’elle constituerait une provocation pour la réconciliation franco-algérienne ?

Thierry Rolando