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Cannes en bref… Les algérianistes en nombre

Écrit par Thierry Rolando. Associe a la categorie Le Cercle sur tous les Fronts

Cannes en bref…


Les algérianistes en nombre

Une fois de plus, les algérianistes ont été nombreux à répondre à l’appel de mobilisation lancé il y a quelques semaines par Thierry Rolando, président national. Ainsi, marchaient côte à côte, ce 21 mai, de nombreux présidents entourés de plusieurs de leurs adhérents respectifs. Citons, Suzy Simon-Nicaise vice-présidente nationale, Ghislaine Delmond, présidente du Cercle de Toulouse, Michel Lagrot, Evelyne Joyaux, d’Aix-en-Provence, Jocelyne Cassany de Sète, Jean-Pierre Risgalla et Jean-Pierre Cerruti, respectivement président et vice-président d’Avigon, Bernard Cini de Valence accompagné par une forte délégation, Michèle Soler et de nombreux adhérents niçois, Jean Gassier de Béziers, Christian Perrotet de Nîmes. De nombreuses autres délégations étaient bien présentes dans la foule, conduites en l’absence de leurs présidents empêchés, par un membre du conseil d’administration. Serge Domenech conduisait ainsi une délégation d’algérianistes marseillais, Jean-Pierre Roche une délégation de Hyérois, Paul Birebent et Alexis Porcedo une autre du Cercle de Fréjus.

Enfin de très nombreux présidents d’associations, également membres du Cercle algérianiste, de Claude Rochette à Denis Fadda, de Jean-Paul Spina à Joseph Pérez, d’André Ordines à Philippe de Massey et beaucoup d’autres avaient tenu à faire le déplacement.


Mention spéciale à Hervé Cuesta

Cette manifestation n’aurait sans doute pu avoir lieu sans le dévouement et l’engagement de l’un des nôtres qui s’est dépensé sans compter, depuis plusieurs semaines déjà, pour que ce mouvement de protestation soit une réalité. Il s’agit de notre compatriote Hervé Cuesta, par ailleurs membre du conseil d’administration du Cercle de Nice, dont nous tenons à saluer le travail exceptionnel accompli pour mobiliser nos compatriotes, mais aussi alerter les élus sur ce qui allait se dérouler à Cannes.


Ils ont déclaré…

Les déclarations des thuriféraires du film « Hors-la-loi » sont bien évidemment légions et nous ne saurions où donner de la tête pour tous les citer.

Nous nous contenterons donc d’en reprendre quelques-unes des plus savoureuses que nos lecteurs apprécieront à leur juste valeur. À tout seigneur tout honneur, le ministre de la Culture, Frédéric Mitterand : « La liberté de créer doit rester complète. On ne peut pas parler sans passion de la guerre d’Algérie, « Hors-la-loi » n’est pas un film d’histoire, c’est une fiction. Objectivement, ce film est digne des critères esthétiques du Festival de Cannes ».

Thierry Frémaux, délégué du Festival de Cannes, n’est pas en reste quand il déclare : « Le cinéma ne doit pas servir d’otage ou de prétexte à polémique sur les épisodes de l’histoire qui font encore débat ». On se demande bien à qui s’adresse l’intéressé.

Azouz Begag n’y va pas, quant à lui, par quatre chemins quand il déclare à Alger : « Il faut admettre que l’armée française a commis des atrocités et des meurtres par milliers ». En revanche silence radio sur les meurtres de masse commis par ses amis du FLN.

L’ineffable Benjamin Stora, historien quasi officiel, pour les médias du moins, de la guerre d’Algérie, considère quant à lui « Que l’on assiste, il fallait s’en douter, à une régression mémorielle ». « Il y a un problème d’amnésie du cinéma sur la guerre d’Algérie » ajoute l’historien idéologue qui déplore bien évidemment cette polémique. À aucun moment notre historien ne s’interroge sur le fait qu’au cinéma précisément s’il y a amnésie, c’est bien de celle du drame des Harkis et des Pieds-Noirs dont il faudrait parler.

Pascal Blanchard, autre historien proche des idées extrémistes, crie, quant à lui, à la censure alors même que ce film, navrant sur le plan cinématographique, a été soutenu par pas moins de trois des quatre chaînes les plus importantes du paysage audiovisuel français.

Citons également M. Ahmed Bedjaoui, président du Conseil constitutionnel algérien, qui ne laisse planer aucune ambiguïté sur le sentiment nourri par le pouvoir algérien à l’égard du film « Hors-la-loi », puisqu’il déclare : « que ce film possède un souffle révolutionnaire exceptionnel et un patriotisme sans faille pour la cause algérienne. Il est tout simplement et totalement pour l’Algérie et sa lutte légitime pour la liberté ». Si ce n’est pas reconnaître à « Hors-la-loi » son caractère militant, c’est à s’y tromper.

Quant à la ministre de la Culture algérienne, Khalida Toumi, connue pour ses propos revanchards et nauséabonds, elle s’en est pris au gouvernement français qui, pourtant, s’est bien gardé de toute prise de position dans cette affaire.


« Hors-la-loi » financé par la France à 59 %

« Hors-la-loi », co-production algéro-franco-belge, a certes été sélectionné à Cannes dans le cadre de la sélection algérienne. Toutefois, son financement est, lui malheureusement, sans ambiguïté et l’on peut dire que c’est un film très largement français. D’un coût total de 20 millions et demi d’euros, il s’agit du quatrième devis français en 2009. Le Centre national du cinéma a fourni une aide sous la forme d’une avance sur recette de 650 000 euros. La Commission de la diversité a apporté quant à elle, 50 000 euros. Le film est également soutenu par les filiales cinéma de France 2, France 3 et Canal +.

Rachid Bouchareb a perçu pour sa part un à-valoir de 250 000 euros en tant que co-scénariste et 4 % sur les recettes nettes du film. En tant que réalisateur, l’auteur d’« Indigènes » a perçu un minimum garanti de 300 000 euros et 8 % sur les recettes nettes du film. On attend, au titre du respect de la diversité des opinions, que de tels financements soit proposés à une fiction sur le drame des Harkis et des Pieds-Noirs. Mais dans ce domaine, au moins nos opposants peuvent dormir tranquilles ; ce n’est pas demain qu’un tel film agitera le Festival de Cannes.