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Pétition internationale : 5 juillet 1962 à Oran, Algérie

Écrit par CINI. Associe a la categorie Le Cercle sur tous les Fronts

Signez la pétition internationale

Le Collectif à l'origine de la pétition sur les massacres d'Oran du 5 juillet 1962 explique ses motivations.

Le projet de pétition relatif aux massacres du 5 juillet 1962 à Oran relève d'une décision collective.

Nous sommes une douzaine de personnes décidées à en finir avec l'oubli par lequel cette tragédie est occultée depuis 51 ans. Nous venons d'horizons variés: Pieds-Noirs et leurs conjoints métropolitains, Oranais présents au moment des faits, ayant perdu ou non un proche dans ce massacre, citoyens français sensibles à l'accueil plus que discutable qu'ont subi nos compatriotes chassés d'Algérie en 1962.

Depuis l'été dernier, en quelques semaines, nous sommes parvenus à rédiger un texte et à le faire traduire en une quinzaine de langues. Nous avons obtenu le soutien de plus d'une centaine de personnalités françaises et étrangères dont un prix Nobel, un pianiste virtuose de réputation internationale, plusieurs universitaires dont des historiens reconnus, des personnalités importantes du monde de l'édition et des médias, sans oublier des citoyens algériens éminents, écrivains et responsables politiques. (1)

Nous avons tenu à mettre cette pétition en ligne pour le 30 août dernier, Journée Mondiale des Disparus. Notre objectif n'est pas d'instrumentaliser ce massacre à des fins partisanes mais d'obtenir sa reconnaissance officielle et son historicisation sans la moindre réserve, ce qui suppose l'ouverture de toutes les archives, notamment algériennes. La plupart des victimes du 5 juillet étant de nationalité française, il incombe à la France d'obtenir, de l'Algérie, l'accès à ces archives.

.../...

L'an dernier, le Président François Hollande a reconnu officiellement, au nom de la France, la répression du 17 octobre 1961 contre les Algériens à Paris. L'année précédente, alors qu'il n'était que candidat à la Présidence de la République, le même François Hollande a jeté, symboliquement, une gerbe de fleurs dans la Seine, en hommage aux victimes, en compagnie de son ami Benjamin Stora.

Nous ne demandons rien d'autre qu'une pareille reconnaissance, ne serait-ce que pour permettre aux familles des victimes, encore de ce monde, de pouvoir accomplir un travail de deuil, impossible à assumer depuis plus d'un demi-siècle. Ce n'est qu'à ce prix que l'on pourra enfin parler d'une "réconciliation des mémoires".

 

Pour signer la pétition, cliquez ici Signature1

 

 


Texte de la pétition

"Le 5 juillet 1962 est célébrée, en Algérie, l'indépendance votée le 1er juillet 1962 par référendum dans le cadre des "Accords d'Evian" du 18 Mars 1962, puis reconnue par la France le 3 juillet.

Ce même jour à Oran, la deuxième ville d'Algérie, a été commis un massacre de très grande envergure, au faciès, à l'encontre des populations d'origine non-musulmane, chrétienne et juive, qui n'avaient pas encore quitté l'Algérie ou qui espéraient pouvoir rester et vivre en bonne entente avec les musulmans, dans la nouvelle Algérie.

Durant toute une journée, à partir de 11h15 du matin et malgré une présence de 18.000 hommes de l'armée française restée consignée, sur ordre du commandement français, dans ses cantonnements situés en pleine ville, on a, au même moment et dans tous les quartiers, raflé, puis emmené à pied ou dans des camions des milliers de civils, femmes et hommes, de tous âges, vers les commissariats et aussi vers d'immenses centres de détention, dont celui des Abattoirs... Ceci, quand ils n'étaient pas immédiatement livrés à la foule, lynchés, découpés, déchiquetés.

Le massacre se poursuivit les jours suivants au sein de tous les centres de détention.

Ces faits sont connus de tous les Oranais présents ce jour-là, et si en Algérie ces massacres ont été tus par les officiels, ils restent indélébiles dans la mémoire des simples citoyens algériens musulmans, témoins passifs ou acteurs, mais dont certains sauvèrent de diverses manières des personnes dont le seul tort apparent était d'être d'origine juive ou chrétienne.

Et jusqu'à présent " Le petit Lac ", à la périphérie d'Oran, où furent jetés des centaines de cadavres, est resté pour les Oranais un endroit funeste et hanté.

Combien ont-ils été tués et ont-ils " disparu " à jamais ? Des centaines sûrement, plus de sept cents, comme les travaux d'historiens l'ont déjà établi, et notamment le dernier en date, Jean Jacques Jordi (Un silence d'État, Les disparus civils européens de la guerre d'Algérie, Soteca, 2011), lequel a pu avoir accès à certaines archives françaises. Et tant que toutes les archives françaises et algériennes ne seront pas ouvertes, on pourra supposer que des milliers d'innocents connurent ce triste sort.

Mais quel que soit le nombre, l'ampleur du massacre, sa simultanéité dans tous les quartiers d'Oran à la fois, la mobilisation d'une immense logistique laisse penser qu'il a été programmé, organisé et coordonné à un très haut niveau, même si la participation à la curée de la foule hystérisée a pu faire croire à des événements " spontanés ".

Le 5 juillet 1962 à Oran, en ce premier jour de célébration de l'indépendance de l'Algérie, il s'est donc commis un véritable crime contre l'humanité.

Crime passé sous silence, comme le fut longtemps celui de Katyn, encore que là, la matérialité du massacre des officiers polonais ne fut jamais contestée, juste attribuée aux nazis, alors qu'il avait été le fait de l'armée soviétique.

51 ans après, n'est-ce pas suffisant pour que soit enfin sue toute la vérité sur ce massacre ?

51 ans après, n'est-il pas temps que les Archives algériennes et françaises soient enfin ouvertes à tous les historiens, et qu'une enquête internationale digne de ce nom soit entreprise pour que l'on en mesure l'ampleur exacte ?

Telle est notre exigence.

Mais en attendant, nous voulons faire savoir au monde que le 5 juillet 1962 à Oran, en Algérie, deux jours après qu'a été déclarée officiellement son indépendance, il y a bien eu un massacre.

C'est pourquoi nous, signataires, en ce 5 Juillet 2013, adressons notre message à toutes les organisations humanitaires internationales, comme à tous les citoyens du monde."

 

Pour signer la pétition, cliquez ici Signature1