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Aïn-El-Turck

Écrit par Non Précisé. Associe a la categorie Oranie

Aïn-El-Turck, reine des plages de l'Oranie, assurait le cachet des P.T.T, en fait rêve de tous les Oranais dès la fin mai, était le centre géographique et administratif d'une suite de plages qui, de Saint-Roch aux Andalouses en passant par Bouisseville et le Cap Falcon, ne cessaient d'offrir leurs sables chauds et les joies de la baignade. Mais c'était aussi une autre réalité, un village avec ses habitants à demeure toute l'année, son travail et ses fêtes, ses richesses et ses contraintes, un passé d'un peu plus d'un siècle.

ain-el-turckAïn-El-Turck est née le 11 août 1850, par décret du Président de la République Louis-Napoléon Bonaparte. C'est, comme presque tous les centres d'Algérie, essentiellement une création de la France. Gagné sur la brousse épaisse des terribles palmiers nains dont le défrichage soulevait des miasmes dangereux, ce village de 60 feux en 1850 comptait 10.000 habitants un siècle plus tard. Et si, pendant les trente ou quarante dernières années il y faisait bon vivre, que de difficultés, que de misères, que de déceptions connurent les pionniers !

Aïn-El-Turck devint commune de plein exercice en 1864 et prit le nom d'Aïn-El-Turck-la-Plage en 1931. Centre essentiellement agricole, avec ses mille hectares de vignobles et ses cultures maraîchères et fruitières, il était surtout connu par ses plages qui, vues de la route en corniche sitôt le rocher de la Vieille passé, offraient le spectacle éblouissant d'une gigantesque serpe d'or scintillant au soleil.

Ces plages ont toujours attiré la grande foule. Nous nous souvenons du temps déjà lointain où, outre quelques autos particulières (elles n'étaient pas nombreuses à l'époque), c'est par pleins véhicules des Tramways-Oranais, peinant et grinçant, que les citadins arrivaient à Clairefontaine ou à Albert-Plage. Puis il y eut l'époque folle et anarchique des camionnettes brinquebalantes et surchargées qui, sur la route en lacets, se croisaient et se dépassaient sous les rires, les chansons et les cris de leurs occupants inconscients. Enfin, ce fut le règne de la S.O.T.A.C. qui mit bon ordre sur la route, à la satisfaction de tous.

Enfin, voici la liste que nous livre notre ami Jean Sylva, des maires d'Aïn-El-Turck:

1850 à 1867, François Gouvion / 1867 à 1868, Nicolas Bailly / 1868 à 1871, Antoine Vassas / 1871 à 1874, Louis Perrin / 1874 à 1876, Antoine Vassas / 1876 à 1877, Louis Perrin / 1878 à 1881, Alfred Julien / 1881 à 1892, Henry Bailly / 1892 à1900, Frédéric Pessoles / 1900 à 1912, Adolphe Saint-Cyr / 1912 à 1913, Alfred Bailly / 1913 à 1933, Joseph Vassas / 1933 à 1940, Auguste Pessoles / 1940 à 1943, Victor Pessoles / 1943 à59, Auguste Pessoles. De 1959 à juillet 1962, une délégation spéciale de trois membres, présidée par M. Marc Roberrini, avec MM. Louis Clavel et Kaddour Boukhatem, a administré le village.

L’Echo de l’Oranie n° 109 de juillet 1975