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La Natation à CONSTANTINE

Écrit par Robert OBERDORFF. Associe a la categorie Natation

Les tritons de Cirta

En matière de natation, la Constantine française, bien que ville de l'intérieur, a cependant souventes fois éclipsé ses rivales maritimes, Oran et Alger en-tête. Et ce grâce au parti que les sportifs locaux ont su tirer des eaux perpétuellement tièdes qui coulent à Sidi M'Cid au pied de l'imposant Rocher numide.

Natation-1Bel Hadj. (coll. particulière).

Equipée d'une piscine aux normes olympiques, vedette des cartes postales dès l'époque où il n'y en avait que deux autres sur l'ensemble des territoires français (Tourelles et Toulouse), Constantine a pu ainsi former une kyrielle de champions dont certains d'envergure mondiale tels Nakache dans les années quarante et Monserret à l'orée des années soixante.

Bobcoff, Oswianskine (deux descendants de Russes blancs), Guedj-Meyer, Kerambrun, Bachara, on rien finirait pas de citer les tritons de Cirta qui se sont hissés au tout premier plan nord-africain, voire national. Le tout dans un engouement bien méditerranéen depuis les temps où " Weissmuller-Tarzan " avait été le premier à nager les cent mètres en moins d'une minute avant de charmer " Jane ".

Impossible de rester assis quand Babey (originaire de Biskra) et Belhadj s'affrontaient en course de vitesse. Foison d'exploits, foison d'anecdotes.

C'est bien vrai, les connaisseurs apprécieront que Guedj-Meyer, en brasse coulée, a battu les " papillonneurs " de la valeur de Bernardo ou de Lorenzo. Vrai aussi que lors de parties de polo jouées au port de Bône il est arrivé de voir des spectateurs se masser précipitamment sur l'un des chalands de largeur dans l'espoir d'abaisser d'autant l'ouverture de la cage tenue par le gardien local.

Beau thème pour Edmond Brua.

Jacques Lefert

pérennité et souvenir

Guyetan, Saingery, ondines à l'unisson, incontestablement les quatre formations constantinoises (A.S.PT.T.C., C.S.C., M.O.C., U.N.I.C.) ont bien mérité de la natation française. De la natation pure comme du water-polo, le polo aquatique des puristes, concentré à l'enseigne de l'A.S.PT.T. après entente avec le C.S.C. et l'U.N.I.C. Or, qui dit polo dit Lefert, Jacques de son prénom, un " dossiste " prometteur dans le bassin des grands, soit depuis 1933 et qui préféra se consacrer au ballon, en tant que meneur de jeu.

Option bien inspirée puisque Jacques fut sélectionné d'Afrique du Nord, international militaire et faillit, à quelques poils de barbe près, participer aux Jeux olympiques de Londres en 1948. Entendez par là que les sélectionneurs d'alors vous jugeaient trop tendre à vingt et un ans. Réussite collective aussi, l'A.S.P.T.T. Constantine étant reconnue meilleure dauphine nord-africaine d'après-guerre de l'exceptionnelle et intouchable A.S. Montpensier d'Alger tandis qu'entre voisins elle prenait régulièrement le meilleur, tant sur les Bônois (A.S.B., C.N.B.) et les (trois) frères Bourrut, que sur les Philippevillois (R.C.P, J.S.M.P), plus heureux en natation pure à l'exemple de Ben Slimane, Taboni et autre " Zézé " Criscuolo, mort à Cassino.

Natation 2

Les poloïstes de l'A.S.P.T.T. Constantine aux championats d'Afrique du Nord disputés les 25 et 26 juillet 1953 à la piscine du Gallia d'Oran.

De gauche à droite, debout: Djabri, Battino, Lefert, Guedj-Meyer Foughali et l'entraîneur Tchanderli.

De gauche à droite, accroupis: Max Fitoussi Albert Fitoussi, Bachara et le nageur Kahlouette

(coll. auteur).

 

L'heure de l'exil venue, après deux ultimes saisons à l'A.S. Monaco en compagnie du fameux Jo Bernardo, Jacques Lefert, sans cesser d'être imprimeur comme précédemment à Constantine (place Bélisaire), s'est mué en dirigeant et patriarche comblé. Sous sa houlette de président, les poloïstes niçois ont mis fin haut la main à l'hégémonie métropolitaine du C.N. Marseille. Champion de France, demi-finaliste de la Coupe d'Europe, son fils Éric a cumulé honneurs et sélections en équipe de France. Un petit-fils pointe, porteur de sérieuses espérances. Quasiment toute la famille nage ou a nagé en compétition. Et, bien sûr, n'a que ferveur pour le sport-roi de son coeur, ce polo qui continue à la relier si fortement à la Cirta originelle, à Sidi M'Cid, à " tout ça " de là-bas, de chez nous.

Robert Oberdorff

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