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Paul BELMONDO (1898-1982)

Écrit par Elizabeth CAZENAVE. Associe a la categorie Artistes célèbres

Paul Belmondo et le buste de son fils, Jean-Paul

PAUL BELMONDO 1898-1982

    Paul Belmondo est né à Alger le 8 août 1898. Artiste plein de vie, de gentillesse et de présence, défenseur de l'homme par la sculpture, il décède en 1982 à Paris.
    Son père, forgeron mécanicien, ne fait pas opposition à sa vocation artistique en le voyant à treize ans sculpter directement dans la pierre une Tête de chien (il a lui-même de ses propres mains façonné les outils nécessaires); cependant méfiant sans doute à l'égard des profits qu'apporte la sculpture, il le dirige vers l'architecture.
    Belmondo estime qu'il a tiré grand profit de ses études d'architecture, elles lui permirent en effet d'établir l'accord nécessaire de la sculpture à la construction qu'elle doit orner.
    Georges Beguet, son professeur à Alger, remarque ses dispositions naturelles au cours du soir de modelage; dans la journée, le jeune artiste suit avec assiduité les cours d'architecture dispensés par M. Darbeda.
    La guerre de 1914 survient et le voici combattant sur la terre de France. Rendu libre, Belmondo vient enfin complètement à la sculpture dans l'atelier de Jean Boucher à l''École des Beaux-Arts de Paris, grâce à une bourse octroyée par le Gouvernement général de l'Algérie en 1921.
    A Paris. il habite un modeste atelier de la cité Cortot à deux pas du Parc Montsouris où il impose lentement son talent en dehors de toutes les chapelles. Il a pour voisin l'illustre sculpteur Charles Despiau. Belmondo devient son élève et, mieux que cela, son aide.
    Cette collaboration familière expliquerait suffisamment la haute qualité des bustes de notre artiste. Cependant un voyage en Grèce et en Italie va lui éviter une emprise peut-être trop marquée de son maître. La Renaissance italienne surtout le subjugue.
    En 1926, il expose aux Artistes français une " Eve " qui obtient une médaille de bronze. Plus tard son bas-relief " Le retour de l'athlète "fut honoré de la médaille d'argent. La même année, il se présente au concours de la bourse américaine " Blumenthal " pour la Pensée et l'Art français. Il l'obtient d'emblée. Les 20 000 francs qu'elle lui procura lui permirent de continuer ses études.
    Belmondo expose avec régularité aux Tuileries où il reçoit laccueil le plus chaleureux de la critique.
    En 1932, il obtient le Grand Prix Artistique de l'Algérie, il avait présenté une statue de Femme qui décore le hall de la salle Pierre Bordes, le Buste de mon père et un Buste d'homme conservé au Musée d'Alger.
    Plus tard le maire d'Alger, M. Brunel, lui commande un bas-relief: L'Algérie recevant les fruits du travail pour le Foyer Civique d'Alger.
    Belmondo ne pouvait se soustraire à son penchant pour la distinction. De même qu'il a saisi le charme de l'enfance, il ne résistera pas à tirer d'une jeune fille, d'une femme ce qu'il y a en elle d'élégance, de féminité. Il est un fervent de la beauté. Pas de procédé chez lui, pas de formule, la nature l'exalte.
    Il ne cherchera pas à la simplifier, à la dénuder, comme certains, par principe. C'est sans idée préconçue qu'il l'interroge, préoccupé surtout de retenir ce qu'elle lui révèle. Et, miracle du talent, c'est par ce respect de la nature qu'il s'élève au style.
    " En copiant sincèrement la nature, nous dit-il, on en exalte à son insu certains aspects, on n'a rien trouvé, on a retrouvé; le beau est toujours à notre portée, et toujours nouveau. On commence par travailler d'intuition, et on revient ensuite à la réalité. Un sculpteur doit dessiner assidûment. Je me rappelle souvent le conseil de Donatello: "Je peux vous enseigner d'un seul mot tout l'art de la sculpture: dessiner. "
    On peut citer, parmi les œuvres dans lesquelles s'exprime un " tempérament méditerranéen avec tout ce que cette origine comporte de soucis d'ordre, de mesure, d'harmonie et de clarté ", outre de nombreux bustes:

- La  dansesur la façade du Théâtre de Chaillot.
- Un  grand groupepour l'autoroute de la Porte de l'Ouest.
- La  Marguerite d'Anjousur une place d'Angers
- Deux statues pour l'église de Laigle " Sainte Geneviève et Jeanne d'Arc ", etc


    Professeur à l'École des Beaux-Arts de Paris à partir de 1952, il reçoit la Légion d'honneur en 1954 et sera nommé membre de l'Institut en 1960.
    Il fut chargé de sculpter vers 1967, la réplique de La Danse de Carpeaux, qui figure désormais à la façade de l'Opéra, le groupe original ayant gagné le Louvre.
    Des œuvres de Belmondo figurent au Musée d'Art moderne de la Ville de Paris, au Musée de Boulogne, aux Musées d'Alger, d'Oran, au Maroc.
    Paul Belmondo, en œuvrant dans la tradition, s'est créé un style bien à lui, bien de notre époque aussi, et s'est acquis une personnalité qui le classe parmi les sculpteurs les plus appréciés de notre art moderne.

Buste de Mme A. B.

ELIZABETH CAZENAVE
 

N.D.L.R.: Nous rappelons que Paul Belmondo était Président d'honneur du Cercle algérianiste.

    in L'Algérianiste n°78 juin 1997 p.113

 

 

 

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