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Le Nord et l'Algérie des Français

Écrit par Marc Monnet. Associe a la categorie France

NordetAlgrsdsFrs1Le populeux département du Nord n'a fourni que 1,08% de la population totale d'origine française en Algérie, il se place à la 36e place. Un répertoire certes modeste, des Pieds-Noirs d'origine nordiste ne devrait pas omettre les noms de l'entrepreneur Caillau-Dugimont, du député Begey, du sénateur Démon.

On peut isoler parmi les centaines de villages pieds-noirs, ceux dont les frais d'installation sont revenus le plus cher à l'Administration. Sans doute on trouvera dans le groupe des plus coûteux, les villages alsaciens-lorrains, ainsi l'édification de Belle-Fontaine, centre fondé en 1871 et peuplé de 30 familles, comprenant 81 Alsaciens et 83 Lorrains, revint à 3 750 francs par famille. Mais un simple hameau créé par le nordiste Caillau-Dugimont avec l'aide de l'administration semble battre le record de la cherté. Caillau-Dugimont, propriétaire agricole à Beaurain, canton de Solesmes, département du Nord, fonda en 1871 pour 9 concessionnaires à Ard-El-Beïda un centre qu'il voulait appeler Beaurain-Neuf. Si ce lotissement somnolent, n'ayant à peine qu'une vingtaine d'habitants vingt ans après sa création, est célèbre dans l'histoire de la mise en valeur algérienne, c'est pour son coût par famille installée : 6 000 francs.

Mais dans cette région algéroise retenons aussi le nom d'Emile Begey né le 19 octobre 1857 à Anzin (Nord), conseiller municipal d'Alger en 1888 puis conseiller général, il sera élu le 11 mai 1902 député d'Alger et il le restera jusqu'en 1910. Nommé membre de nombreuses commissions (douanes, chemin de fer, cultes, etc ...) il se consacra avec opiniâtreté à son travail de commissions, présentant un certain nombre de rapports. II ne prit part qu'à une seule discussion en séance publique au Palais Bourbon, il parla de la sécurité; cet homme d'ordre réclama une justice rapide sans excès de sensiblerie. Inscrit au groupe de l'Union démocratique, il soutint le gouvernement de ses votes.

On ne peut jamais lire froidement les dernières années de l'Algérie française. Comment ne pas être séduit par la foule heureuse du forum d'Alger et par la fin tragique de l'idéal du 13 Mai ? La crise de la IVe République s'approfondissant, Claude Dumont, né le 16 Juillet 1923 à Douai (Nord) déporté résistant, prend une part active aux journées de Mai 1958, et devient membre du Comité du Salut Public. A l'âge de 36 ans, en mai 1959, il est élu sénateur U.N.R. de Sétif-Batna. Quand la résistance pied-noir à l'abandon se radicalisera, le jeune sénateur de Sétif luttera contre la politique algérienne du pouvoir. Recherché, il passera plusieurs années d'exil en Belgique. II deviendra consul de Bolivie (cf. le Monde du 25 décembre 1976). En 1979, ses obsèques eurent lieu en l'église de St Jacques de Douai (cf. le Monde du 28 août 1979, page 12).

Dans une ville du Nord, Maubeuge, l'on trouve aujourd'hui un zouave et un fantassin jadis à Tiaret. Ces statues entouraient, là-bas, chez nous, celle de Lamoricière, le fondateur en 1843 de la capitale du Sersou. Etrange destin lorsqu'on sait, grâce à l'étude de R. Perrin sur le " Sersou " Alger 1960 page 103 qu'un seul colon de cette région était originaire du Nord.

Marc MONNET †

 

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