Le 26 mars dernier, au quai Branly à Paris, une manifestation a honoré la mémoire des victimes de la rue d’Isly dont les noms défilent désormais sur les bornes du Mémorial de la fin de la guerre d’Algérie. Cette décision de l’Etat fait suite au courageux combat de la présidente de l’association des familles des victimes du 26 mars 1962, Nicole Delvarre. La FNACA s’est bien évidemment insurgée contre cette décision en dénonçant l’hommage rendu aux partisans de l’OAS. Il n’en fallait pas plus pour qu’un certain nombre de députés emboite le pas à la FNACA en relayant, par leurs questions écrites au secrétariat aux Anciens combattants, l’émotion de ladite association. A l’heure où nous mettons sous presse, une vingtaine de députés, auxquels nous attribuons sans difficulté notre carton rouge, se sont inscrits dans cette lamentable démarche. Parmi ceux là, figurent cinq députés de la majorité gouvernementale qui pourtant, a, elle-même , décidé de cette inscription. Il s’agit de : M. Etienne Mourrut député UMP du Gard ; Jean-Charles Taugourdeau député UMP du Maine-et-Loire ; Maurice Leroy député Nouveau Centre du Loir-et-Cher ; Patrick Balkany, proche de Nicolas Sarkozy, député UMP des Hauts-de-Seine ; et enfin Nicolas Dupont-Aignan, député non inscrit de l’Essonne. A ceux-là, le Cercle algérianiste a fait part de sa plus vive réprobation. N’hésitez donc pas à vous manifester massivement auprès d’eux pour en faire de même aux adresses e-mail suivantes :

- Mourrut : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
- Taugourdeau : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
- Balkany : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
- Dupont-Aignan : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
- Leroy : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.


Ou à l’adresse de l’Assemblée nationale :


Assemblée nationale
126, rue de l’Université
75 355 Paris 07 SP


À l’inverse, nos satisfecits vont, dans le même temps, à Lionnel Luca, député des Alpes-Maritimes et fervent défenseur de la cause pied-noire, qui s’est opposé avec vigueur au film de Rachid Bouchareb « Hors-la-loi » et au financement de ce film par les moyens de l’État. Il en est de même pour Elie Aboud, député de l’Hérault et président du Groupe d’études sur les rapatriés à l’Assemblée nationale. Tous deux aux côtés des députés Michèle Tabarot, Jean Léonetti, Richard Mallié, Bernard Brochand, Jean-Claude Guibal, étaient avec l’ancien sénateur maire de Nice Jacques Peyrat, présents à la manifestation du 21 mai dernier à Cannes de protestation contre la propagande véhiculée par le film « Hors-la-loi ».


Cartons rouges

Notre premier carton rouge ira cette fois-ci au parti communiste français (ce ne sera pas une première) pour son soutien à l’initiative des députés du FLN algérien, visant à faire reconnaître les crimes de guerre de la France durant la guerre d’Algérie, comme « signe de bonne foi » pour pouvoir entamer une nouvelle page dans les relations algéro-françaises. Marie-Georges Buffet a annoncé son soutien inconditionnel à cette initiative. À quand la reconnaissance par ce parti des crimes du communisme ? On l’attend toujours.

Et puis, nous ne pouvons pas ne pas distribuer un autre carton rouge à Jean-François Gavoury, fils du commissaire anti-OAS du même nom, et animateur d’une association d’extrême gauche intitulée « Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes OAS ». Jean-François Gavoury ne perd jamais une occasion de contester toute manifestation de recueillement en mémoire des victimes pieds-noires. Il a récidivé tout récemment en considérant que l’inscription du nom des victimes civiles de la fusillade de la rue d’Isly auxquelles l’État, selon lui, entendait conférer un quasi-statut de «mort pour la France», était insupportable. Pour ce triste sire, qui ne s’est jamais départi de sa haine des Pieds-Noirs, et qui relaye en France les thèses nauséabondes du FLN, les femmes, enfants, vieillards assassinés le 26 mars 1962, ne méritent aucune compassion et doivent rester dans l’oubli.

Notre carton rouge va incontestablement, comme l’a rappelé notre président national lors du congrès d’Aix-en-Provence, au chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy, dont aucun engagement n’a été tenu envers les rapatriés depuis son élection.

Quelques satisfecits mérités doivent être attribués.

Satisfecit à Jean-Marc Pujol, tout d’abord, nouveau maire de Perpignan et algérianiste, dont le soutien au Mémorial des Disparus n’a jamais failli. Jean-Marc Pujol, dès son élection en remplacement de Jean-Paul Alduy, a précisé sa fierté d’être Français d’Algérie, ce qui lui a valu les foudres de France 3 qui n’a pas manqué de le qualifier d’extrémiste.

Satisfecit aussi pour le député maire d’Aix-en-Provence, Maryse Joissains-Mansini qui a soutenu l’organisation du congrès et, dans son intervention du 24 octobre dernier, a souscrit aux propos du Cercle algérianiste relatif à l’absence de gestes du chef de l’Etat à notre endroit.

Enfin, satisfecit au député de Béziers, Elie Aboud qui poursuit son travail parlementaire en faveur d’une reconnaissance de nos drames.
Nota bene : nous serons amenés à commenter dans notre édition de mars 2010, la toute récente décision de l’État attribuant la qualité de « morts pour la France », aux victimes de la rue d’Isly et aux disparus.


Point n'est besoin de chercher trop longtemps pour, comme à l'habitude, décerner nos traditionnels cartons rouges tant les postulants et amis de la « cause pied-noire » sont légions !
Le 19 mars 1962 et ses thuriféraires ont fourni assurément, ces derniers mois, le contingent le plus évident de tous ceux qui peuvent figurer en bonne place dans ce tableau d'honneur à rebours.
L'inénarrable député communiste Maxime Gremetz, bizarrerie parlementaire d'une survivance stalinienne, fait ainsi partie, avec l'ensemble du groupe communiste à l'Assemblée, de nos récipiendaires pour avoir déposé une énième proposition de loi en faveur de la reconnaissance du 19 mars 1962 comme date officielle de commémoration de la fin de la guerre Algérie, « reconnaissance qui doit permettre de créer les conditions de compréhension de la nocivité du colonialisme ». Sans commentaires.
Nous associerons à ce premier carton rouge le sénateur radical de gauche Jean-Michel Baylet qui, lui aussi le 12 février 2009, devait nous gratifier de son texte habituel nous rappelant comme une litanie que plus de la moitié des conseils municipaux ont déjà délibéré dans le sens voulu par la FNACA.
Quant aux élus de droite comme de gauche se précipitant sur les injonctions de la FNACA chaque 19 mars pour commémorer cette date ignominieuse, ils sont bien trop nombreux pour que l'on puisse les citer tous : merci ainsi à l'un de nos fidèles adhérents de nous avoir signalé, par exemple, à Bayonne la présence inopportune du maire UMP Jean Grenet qui, cette année, avait tenu à être présent alors même que l'un de ses adjoints le représentait habituellement.
 
La palme revient bien évidemment en ce début d'année au nouveau maire de Valence, le socialiste Alain Maurice, dont la première préoccupation, sitôt élu, fut de baptiser dans cette ville symbole de l’accueil des Pieds-Noirs, une place du 19 mars 1962 tout en assortissant son geste condamnable de propos provocateurs et insultants pour tous les Pieds-Noirs et Harkis dont les douleurs et les souffrances sont ravivées par l'évocation de cette date honteuse. Jugez ainsi de la manière dont il devait qualifier les manifestants pieds-noirs et harkis qui furent d’une dignité exemplaire tout au long de cette journée : « Nous avons tenu bon face aux montagnes de lettres de menaces, face à cette manifestation de samedi 14 mars avec 500 à 800 personnes (il y en avait près de 3 000 en fait) encadrées par une trentaine de miliciens au crâne rasé, habillés de noir… ». Pauvre édile qui ajoute le grotesque à la haine mal dissimulée.
 
Dans cet horizon bien peu chatoyant, deux élus méritent cependant nos encouragements et notre soutien : Hervé Mariton tout d'abord, député de la Drôme, Pied-Noir et algérianiste de surcroît, qui a participé de bout en bout à notre manifestation de Valence, et puis Élie Aboud, député de l'Hérault et adjoint au maire de Béziers qui, en tant que nouveau président du groupe d’études sur les rapatriés à l’Assemblée nationale, n'a pas hésité à relayer l’exaspération de nos compatriotes face aux commémorations du 19 mars 1962 mais aussi à s'incliner devant la stèle du cimetière de Béziers dédiée aux morts de l'Algérie française et ce, au grand dam de la Ligue des droits de l'homme et du parti communiste.
Qu'ils soient donc remerciés pour leur courage bien inhabituel aujourd'hui chez les parlementaires.


Carton Rouge
 
À Julien Giorgi, maire de Villeneuve-sur-Bellot, en Seine-et-Marne, qui lui faisait part de sa stupéfaction de voir le buste d’Hô Chi Minh trôner au centre de la ville,  le député-maire de Montreuil (Seine-Saint-Denis) Jean-Pierre Brard (communiste), devait répondre que sa commune revendiquait publiquement le fait qu’Hô Chi Minh est d’abord et surtout le libérateur et le père fondateur de la patrie vietnamienne, qui a fait preuve d’une résolution et d’une détermination exceptionnelle pour mener le combat contre l’hégémonie coloniale. Et M. Brard de rajouter qu’il préférait personnellement ceux qui ont combattu pour l’indépendance de leurs pays plutôt que les actes barbares dont est responsable l’armée française. « Combien de rues portant des noms de militaires - devait enfin s’exclamer l’édile communiste - sont des insultes à la mémoire des peuples ? ».
Il est inutile de commenter d’aussi abjects propos qui montrent à l’évidence que les idées totalitaires ont encore de beaux jours en Seine-Saint-Denis.

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